Friday
24
January

Test de traction!

sondes Cette semaine, 10 platanes du Boulevard Alsace Lorraine ont été soumis à des tests de traction, il s’agît d’un échantillon représentatif de cet alignement. Cette intervention est suffisamment peu courante pour être signalée. Il faut savoir que seuls deux exemplaires de l’outil utilisé pour les mesures sont opérationnels en France (il en existe 27 exemplaires dans le monde). Nous vous proposons d’en savoir un peu plus sur cette technique et ses objectifs!La dangerosité des arbres est une donnée essentielle dans la gestion d’un patrimoine arboré. Sur le domaine public il est capital d’évaluer avec précision leur stabilité mécanique. L’objectif est de prendre dans les meilleurs délais les mesures les plus appropriées qui s’imposent afin de réduire les risques pour la sécurité des biens et des personnes. Pour cette raison chaque année plusieurs dizaines d’arbres sont expertisées, ce qui permet d’avoir une vision claire de l’état physiologique, sanitaire et mécanique de ce patrimoine.

Il est apparu nécessaire, suite aux investigations réalisées fin 2013, de soumettre certains sujets à de nouvelles techniques d’investigation et mesurer leur résistance. S’il est aisé de réaliser des diagnostics sur les parties aériennes de l’arbre, lorsqu’il s’agît d’évaluer l’état du plateau racinaire de l’arbre c’est un peu plus délicat…

Le test de traction est une méthode non invasive qui permet d’évaluer avec précision la sécurité de rupture du tronc et la sécurité d’ancrage des racines. Cette technique est fondée sur les principes de mécanique, de résistance des matériaux et d’action du vent sur les structures. Cette approche prend en compte les trois composantes de la statique : la charge (vent, gravité), les propriétés mécaniques du matériau (ici le bois) et la forme (hauteur, circonférence, surface d’exposition, …). Elle évalue les charges que peut subir un arbre et analyse l’impact de celles-ci sur sa structure.

Des capteurs électroniques sont fixés sur l’arbre, lorsque la traction est exercée sur le sujet, les modifications structurelles des fibres du tronc et le déplacement du plateau racinaire sont analysés.

 Le coefficient de sécurité de rupture du tronc est dérivé des données d’allongement des fibres marginales pour une charge de vent de 120 km/h (méthode élasto). Le coefficient de sécurité d’ancrage des racines est déterminé à partir des données d’inclinaison de l’arbre sous l’effet de la traction et de la courbe générale de basculement (méthode inclino).

 Si les experts peuvent rapidement se faire une idée de l’état d’un peuplement, pour obtenir un résultat précis toutes les données doivent être analysées. Gardons à l’esprit que l’apparence d’un arbre peut être trompeuse : la présence de cavités dans le tronc n’est pas forcément signe de faiblesse!