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11
March

Orchidées sauvages

dscn0231Avec un record de douceur pour un 8 mars, les tondeuses ont quitté leur lieu de remise pour reprendre du service. La tondeuse est un outil merveilleux pour le jardinier attentif qui, s’il ne fait pas attention, peut vite couper une plante étrange et fascinante : l’Orchidée. Cette plante ne se trouve pas que chez les fleuristes et il en existe de nombreuses espèces sauvages en France. Dans le Tarn une cinquantaine d’entre elles sont recensées.Une bonne partie des ces orchidées sont de petite taille et en plus elles ne se trouvent jamais en grandes quantités. Dans le Tarn, comme partout en France, la plupart des orchidées sauvages sont protégées. Sur 160 espèces d’orchidées présentes en France métropolitaine 27 d’entre elles sont menacées de disparition du territoire et 36 autres sont proches de le devenir sans une attention particulière portée à leur situation (source : liste rouge de l’UICN).

Y faire simplement attention est déjà une démarche de préservation car elles sont détruites par méconnaissance. Bien sûr vous ne couperez pas de fleurs dès le mois de mars mais plutôt en mai, puisqu’en ce moment une orchidée sauvage se résume à une rosette de feuilles basses et luisantes, aux nervures parallèles. Mais dès à présent vous pouvez repérer les stations et les marquer pour éviter tout risque de coupe et espérer voir de belles floraisons.

Certaines orchidées sont  victimes de l’intérêt que le public leur témoigne. Cueillette de fleurs ou prélèvement pour l’installer dans son jardin (opération vouée à l’échec) sont des comportements irresponsables qui, en plus d’être illégaux (certaines espèces d’orchidées sont protégées), sont responsables de leur raréfaction.

Comme chaque fleur à bulbes, les orchidées ne peuvent être coupées, mais doivent faner, pour permettre à la bulbe de constituer ses réserves pour la floraison de l’année prochaine. Vous comprendrez donc l’importance d’éviter une tonte prématurée des stations repérées.

Info + : Les orchidées sont rares car inféodées à des milieux très spécifiques :
Chaque espèce a développé une stratégie de survie fascinante. Certaines se sont habituées à des terrains extrêmement secs et maigres, d’autres vivent en bordure des ruisseaux. Les unes se plaisent en plein soleil au milieu des prés, les autres se cachent dans l’ombre des forêts. Certaines vivent en symbiose avec certains champignons terrestres qui garantissent d’abord la germination et puis l’alimentation de la plante. D’autres utilisent différentes ruses pour la fécondation : comme par exemple se “déguiser” en bourdon ou en mouche pour attirer ces pollinisateurs, ou imiter l’odeur des matières en putréfaction pour “séduire” des insectes spécialisés.

Les principales espèces que vous êtes susceptibles de rencontrer sur Albi et ses alentours :

Sérapia en langue
Ophrys noir
Orchis pyramidale
Orchis bouc
Orchis bouffon
Ophrys araigné
Ophrys béasse
Spiranthe d’automne
Neottie nid d’oiseau
Orchis brûlé
Orchis pourpre
Ophrys frelon du Sud-Ouest
Orchis grenouille
Orchi  de mai