Monday
11
July

Diversité spécifique

ecaille-du-seneconQuel est l’intérêt de favoriser la gestion différenciée des espaces verts et naturels? En quoi est-ce bon pour la diversité? Nous allons essayer de vous apporter quelques éléments de réponse en prenant pour exemple une espèce de papillon de la famille des Arctiidae, l’écaille du séneçon, dont les chenilles sont actuellement très actives. La vie de cette espèce dépend d’une plante hôte, qui constitue à la fois l’aliment et le lieu de croissance d’un insecte.  La plante hôte est ainsi l’endroit où sera déposée la ponte de l’insecte et où grandira et se nourrira sa larve jusqu’à sa croissance vers un nouveau stade.

Supprimer cette plante revient à faire disparaître l’espèce inféodée et donc le maillon d’une chaîne alimentaire souvent complexe. C’est vrai pour cette espèce et pour des milliers d’autres…. Les Papillons ou Lépidoptères sont des insectes qui accomplissent au cours de leur vie trois métamorphoses. De l’œuf, ils deviendront larves, puis nymphes, et enfin imagos, les « vrais » Papillons. La majorité des chenilles sont phytophages, c’est-à-dire qu’elles se nourrissent de plantes. Elles absorbent pour la plupart un grand nombre de végétaux indifféremment, mais certaines ne se nourrissent que d’une seule espèce végétale et sont donc inféodées à elle : on dit qu’elles sont monophages. Pour beaucoup de chenilles, cette exclusivité alimentaire est élargie à des plantes apparentées : on parle alors de chenilles oligophages. L’imago, lui, n’a pas de spécialisation lorsqu’il butine des fleurs, mais pour que la femelle monophage ponde ses œufs, elle doit bien entendu trouver l’espèce qui nourrira sa descendance. Ainsi, une fois passé à l’état de chenilles, les jeunes Papillons pourront aussitôt se mettre à dévorer la plante nourricière à leur portée pour capitaliser l’énergie nécessaire à leur prochaine transformation. Gérer les espaces en gestion différenciée permet donc de favoriser la diversité végétale dans un premier temps mais également de contribuer à la restauration des chaînes alimentaires et à la diversité. Bien connaître et savoir identifier les espèces trouvées dans votre jardin vous permettra d’éviter de commettre des erreurs. Pour reprendre l’exemple de l’écaille du seneçon, la chenille défoliatrice ne s’attaquera pas à vos plants de tomate, il est donc inutile de la détruire, surtout si vous pensiez utiliser des produits toxiques susceptibles d’anéantir de précieux insectes auxiliaires (coccinelles entre autres…)